Un bail de location vide dure 3 ans minimum quand le bailleur est une personne physique et 6 ans quand il s’agit d’une personne morale. Le dépôt de garantie ne dépasse jamais 1 mois de loyer hors charges.
La loi du 6 juillet 1989, complétée par la loi ALUR de 2014, encadre les principales dispositions du contrat et impose un format précis pour tout logement à usage d’habitation. Un modèle de bail conforme évite les litiges avec le locataire, protège le propriétaire et sécurise le paiement du loyer chaque mois, que le logement soit un studio, un appartement ou une maison.
En résumé : durée minimale de 3 ans pour une personne physique ou 6 ans pour une personne morale, somme versée à l’entrée plafonnée à 1 mois de loyer, préavis minimum de 3 mois pour le locataire et de 6 mois pour le bailleur.
Le contrat type est imposé par le décret n°2015-587 pris en application de la loi ALUR. Un modèle de bail au format PDF ou au format Word, prêt à télécharger, simplifie la rédaction du contrat de location.
Voici, poste par poste, ce que dit la loi sur le bail de location vide et ce qui change concrètement pour un bailleur, une personne morale ou un locataire.
Bail de location nue : les caractéristiques légales
La loi du 6 juillet 1989 fixe un cadre précis pour ce type de contrat de location. Trois éléments structurent principalement le bail de location vide : la durée, le montant du loyer et la somme demandée à l’entrée.
La durée du contrat et les conditions de renouvellement
Un particulier signe un bail de location vide pour une durée minimale de 3 ans. Une SCI, une société ou une banque, en tant que personne morale, doit proposer une durée de 6 ans. Cette différence protège le locataire face à un bailleur institutionnel, souvent moins disponible qu’un propriétaire individuel.
À l’échéance, le contrat de location se reconduit tacitement pour la même durée, sauf décision de départ donnée dans les règles. Un bail signé en 2023 se termine donc en 2026, puis repart pour 3 ou 6 ans si aucune partie ne met fin au contrat.
Une exception existe pour le propriétaire confronté à un événement précis : mutation professionnelle, retraite ou vente programmée du logement. Il peut alors proposer un bail réduit d’1 an minimum, à condition de justifier ce motif dans le contrat lui-même. Cette souplesse reste rare en pratique, mais elle dépanne un bailleur dans une situation particulière, sans remettre en cause la durée minimale prévue par la loi.
Le montant du loyer, de la somme versée à l'entrée et des charges
Le dépôt de garantie du bail de location vide ne peut jamais dépasser 1 mois de loyer hors charges. L’article 22 de la loi de 1989 fixe ce plafond et aucune disposition du contrat ne peut le contourner. Une disposition qui prévoit un montant supérieur est réputée non écrite : elle n’a aucune valeur devant un juge, quel que soit le format du bail signé. Cette somme reste figée pendant toute la durée du bail, même lors d’un renouvellement du contrat de location.
Prenons un exemple chiffré. Pour un loyer de 750 € hors charges, la somme demandée à l’entrée plafonne à 750 €, pas 1 centime de plus. En location meublée, ce montant grimpe à 2 mois de loyer, soit 1 500 € dans notre exemple. Cette différence de traitement pèse dans le choix entre un bail vide et un bail meublé pour un bailleur, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’une société.
Le montant du loyer se révise chaque année selon l’indice de référence des loyers (IRL), publié trimestriellement par l’INSEE. Une disposition de révision doit figurer dans le contrat de location pour permettre cette hausse annuelle. Sans cette mention, le bailleur perd le droit d’ajuster le montant du loyer, année après année, sans possibilité de rattrapage rétroactif sur les sommes déjà encaissées.
Quels sont les documents obligatoires à joindre au contrat ?
Un contrat de location, aussi bien rédigé soit-il, reste incomplet sans ses annecxes obligatoires. La loi ALUR a renforcé cette exigence pour limiter les litiges après la signature du bail, quel que soit le format retenu.

Le dossier de diagnostic technique obligatoire
Le dossier de diagnostic technique (DDT) regroupe plusieurs documents que le bailleur doit fournir avant la signature du contrat de location. Cette liste comprend le diagnostic de performance énergétique (DPE), le constat de risque d’exposition au plomb pour les logements construits avant 1949, l’état de l’installation électrique et gaz si elle a plus de 15 ans et l’état des risques naturels et technologiques selon la zone géographique du logement loué.
Le DPE mérite une attention particulière en 2026. Un logement classé G ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail de location depuis 2025. Cette règle vise les passoires thermiques et pousse les propriétaires à rénover leur maison avant de remettre le logement en location. Un bailleur qui ignore cette obligation s’expose à un refus de mise en location, voire à une action du locataire pour non-décence du logement.
L'état des lieux et la notice d'information
L’état des lieux d’entrée reste le document le plus consulté en cas de litige entre bailleur et locataire. Il compare l’état du logement au moment de la remise des clés avec son état au départ du locataire. Un état des lieux bâclé, rempli en 5 minutes sans photos, coûte souvent cher au bailleur : sans preuve précise, il devient difficile de justifier une retenue sur la somme versée à l’entrée.
Un conseil de terrain, tiré de dizaines de gestions locatives : photographiez chaque pièce, chaque compteur et chaque équipement présent dans le logement. Datez ces photos et conservez-les avec le contrat de location. Ce réflexe simple évite bien des conflits, surtout quand le locataire reste plusieurs années dans le même logement et que les souvenirs s’estompent.
La notice d’information doit obligatoirement accompagner le bail depuis le décret n°2015-587. Ce document résume les droits et obligations de chaque partie du contrat ainsi que les voies de recours en cas de désaccord entre le locataire et le bailleur. Beaucoup de bailleurs oublient cette notice d’information alors qu’elle fait partie des pièces obligatoires du contrat type imposé par la loi ALUR, au même titre que le modèle de bail lui-même.
Comment rédiger votre bail de location nue en toute conformité ?
Un contrat de location bâclé fragilise le bailleur bien plus qu’il ne le protège. La conformité au format légal du bail conditionne la validité de chaque disposition.
Les clauses indispensables conformes au contrat type de la loi ALUR
Le décret n°2015-587 impose un modèle de bail précis, valable pour tout logement loué en résidence principale, vide comme meublé. Ce contrat type mentionne l’identité des parties, l’adresse et la surface habitable du logement, le montant du loyer et des charges, la durée du bail ainsi que les modalités de paiement. Une disposition résolutoire, qui permet de mettre fin au contrat de location en cas d’impayé de loyer, complète ce socle d’éléments obligatoires.
Certaines clauses restent formellement interdites, car jugées abusives envers le locataire. Imposer un règlement de charges par prélèvement automatique uniquement, interdire l’hébergement d’un proche ou facturer des frais de relance disproportionnés : ces pratiques exposent le bailleur à une nullité de la disposition concernée, parfois du contrat entier.
Un modèle de bail téléchargé sur un site fiable, au format PDF ou au format Word, limite ce risque bien plus qu’un document rédigé à la main sans référence légale. Télécharger un modèle de bail à jour reste le réflexe le plus sûr avant toute signature.
Retour d'expérience sur la gestion des signatures et du dossier locataire
Sur le terrain, la sélection du dossier locataire reste l’étape la plus sensible avant la signature du bail de location. Un bailleur qui vérifie 3 bulletins de salaire, un contrat de travail et les 2 dernières quittances réduit fortement le risque d’impayé. Demander une sécurité complémentaire, comme la caution solidaire d’un tiers, renforce encore la protection contre les défauts de paiement.
La signature électronique du bail s’est largement généralisée depuis 2023. Elle accélère la conclusion du contrat de location, surtout quand le bailleur gère plusieurs logements à distance. Cette signature électronique a la même valeur juridique qu’une signature manuscrite sur un contrat au format papier, à condition de passer par un prestataire certifié. Un propriétaire qui loue une maison à 300 km de son domicile gagne un temps précieux avec cet outil, sans perdre en sécurité juridique.
Un exemple vécu illustre bien l’intérêt d’un dossier solide : un locataire présentant des revenus 3 fois supérieurs au loyer, mais sans garant, a vu sa candidature refusée par un bailleur prudent. Celui-ci a préféré un profil disposant d’un garant fiable malgré des revenus légèrement inférieurs. La sécurité du paiement prime souvent sur le montant brut des revenus déclarés.
Comment résilier un bail de location vide selon votre situation ?
La résiliation d’un bail de location obéit à des règles strictes, différentes selon que la demande de départ vient du locataire ou du bailleur.

Les modalités de préavis pour le locataire et les cas de préavis réduit
Le locataire respecte, en règle générale, un préavis minimum de 3 mois avant de quitter le logement loué. Ce délai de préavis se réduit à 1 mois dans plusieurs situations précises : logement situé en zone tendue, mutation professionnelle, perte d’emploi involontaire, premier emploi après une période de chômage ou encore bénéfice du RSA ou de l’AAH.
La zone tendue concerne les communes où la demande de logement dépasse largement l’offre disponible, comme Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille ou Nantes. Dans ces zones, le préavis réduit s’applique automatiquement à la résiliation du bail, sans justification particulière à fournir. Ailleurs, le locataire doit joindre un document probant à sa lettre : attestation de l’employeur, notification de licenciement ou justificatif de la CAF.
La demande de départ se transmet par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte de commissaire de justice ou par remise en main propre contre signature. Une simple conversation orale, même confirmée par SMS, n’a aucune valeur juridique pour engager le préavis du bail. Cette formalité protège les deux parties du contrat de location en fixant une date de départ incontestable.
Les conditions strictes du départ demandé par le propriétaire
Le bailleur, contrairement au locataire, ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, jamais en cours de contrat de location. Son préavis atteint 6 mois avant cette échéance et il doit invoquer l’un des 3 motifs prévus par la loi : la vente du logement, la reprise pour y habiter lui-même ou loger un proche ou un motif légitime et sérieux, comme des impayés répétés.
Une vente ouvre un droit de préemption au locataire : il peut acheter le logement en priorité, au prix proposé par le bailleur. Une demande irrégulière, mal motivée ou envoyée hors délai peut être annulée devant le juge des contentieux de la protection. Le bailleur doit alors indemniser le locataire pour le préjudice subi, une sanction que certains propriétaires découvrent trop tard.
Concernant la somme versée à l’entrée, sa restitution suit également des délais précis fixés par la loi. Si l’état des lieux de sortie correspond à celui d’entrée, le bailleur restitue la somme sous 1 mois. En cas de dégradations constatées, ce délai passe à 2 mois, le temps de chiffrer les réparations dans le logement. Passé ce délai, une majoration automatique de 10 % du loyer mensuel s’applique par mois de retard, sans que le locataire ait besoin de la réclamer par écrit.
Un bail de location vide bien rédigé, avec un modèle conforme à la loi ALUR, une notice d’information, des annexes complètes et un état des lieux précis, reste une protection importante pour les deux parties.
Téléchargez un modèle de contrat à jour, au format PDF ou Word, avant chaque nouvelle signature et vérifiez que chaque disposition respecte les plafonds légaux du loyer, de la durée minimale et de la somme demandée à l’entrée.
FAQ
Quelle différence fiscale entre bail de location vide et bail meublé ?
Les loyers d’un bail vide se déclarent en revenus fonciers, avec un abattement de 30 % sous le régime micro-foncier si les recettes annuelles restent sous 15 000 €. Les revenus d’un bail meublé relèvent, eux, des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), un régime souvent plus avantageux grâce à l’amortissement du logement et du mobilier. Ce choix fiscal mérite une simulation chiffrée avant toute décision, tant l’écart net peut dépasser 20 % selon la situation personnelle du bailleur.
Que faire en cas d'impayé de loyer ?
Un bailleur confronté à un impayé envoie d’abord une relance amiable puis une mise en demeure par lettre recommandée. Sans réponse, la disposition résolutoire du contrat de location permet d’engager une procédure devant le juge, souvent avec l’appui d’un commissaire de justice. Souscrire une assurance loyers impayés dès la signature protège le bailleur contre ce risque financier majeur, surtout sur un logement représentant une part importante du patrimoine.
Qui prend en charge les travaux dans un logement loué vide ?
Le bailleur assume les grosses réparations et la mise en conformité du logement, notamment liée au DPE. Le locataire, de son côté, gère l’entretien courant du logement loué : remplacement d’une ampoule, débouchage d’un évier ou entretien de la chaudière selon les termes du bail. Cette répartition figure dans le contrat type imposé par la loi ALUR et toute disposition qui inverserait cette logique sans nuance resterait fragile devant un juge.

